La faune vertébrée du val d'Allier
dans le département du Cher

Par Jean-Paul Thévenin
20, rue Bourbonnoux - 18000 Bourges
mailto:jpthevenature@wanadoo.fr

Extrait de la revue N°9 "Recherche naturaliste en région Centre"

Mots-clés : Val d'Allier dans le Cher - Faune vertébrée - Inventaires - Biodiversité - Mesures agri-environnementales.

Résumé: Après une rapide description des principales caractéristiques physiques de la zone d'étude, l'auteur donne une présentation commentée de six grands ensembles paysagers: massifs forestiers, plateau bocager et vallons, ourlets à l'interface plateau-lit majeur, lit majeur, lit mineur de l'Allier, lieux habités. Sont également présentées, de façon succincte, les mesures agri-environnementales mises en place localement et les principales activités économiques.

Les résultats de cinq années de prospection et d'inventaire des groupes de vertébrés terrestres sont ensuite analysés et commentés: mammifères, oiseaux, reptiles et batraciens. Une liste des poissons peuplant le cours de l'Allier et les affluents a été communiquée par le Conseil supérieur de la pêche. En conclusion, l'auteur dresse un bilan qualitatif de la richesse biologique de la région étudiée en ce qui concerne les vertébrés: 248 espèces ont été observées ou répertoriées depuis 1996. Parmi elles, 27 figurent à l'annexe II de la directive «habitats» ou à l'annexe 1 de la directive « oiseaux» de l'Union européenne.

Les dernières lignes sont consacrées à une réflexion sur l'impact des mesures agri-environnementales et sur la pérennisation des actions menées en vue de concilier élevage bovin et biodiversité.

PREAMBULE

Ma première intervention dans cette région date de mai 1996. Elle répondait à une demande de la Chambre d'Agriculture du Cher et d'un groupe d'agriculteurs locaux qui travaillaient alors à la mise en place d'une M.A.E. (mesure agri -environnementale ) «Val d'Allier» sur le territoire de trois communes: Apremont-sur-Allier, Neuvy-le-Barrois, Mornaysur-Allier. La rédaction des cahiers des charges de l'opération ne pouvait se faire sans un minimum de connaissances sur la faune et la flore. Après plusieurs demi-journées de prospections j'ai rédigé un premier document qui, bien que très succinct, mettait en évidence une grande diversité biologique, notamment dans les domaines de l'ornithologie et de la mammalogie. La nidification de la Cigogne blanche y était déjà connue, de même la présence de la Genette, du Chat forestier et du Castor.

Encouragé par ces premiers résultats et l'accueil chaleureux, voire enthousiaste, des agriculteurs et d'autres habitants du secteur, j'ai poursuivi le travail de prospection tout au long des années suivantes, en toute saison et dans tous les habitats. Le résultat, présenté ici sous forme de bilan, est un inventaire presque exhaustif des batraciens, oiseaux et mammifères et plus partiel pour les reptiles et les poissons.

Parallèlement, Christophe Bodin menait des investigations sur la flore. Ses recherches ont fait l'objet d'une publication dans le n° 8 de «Recherches Naturalistes». Elle concernait la présence de Marsilea quadrifolia dans plusieurs sites.

I. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE

a) Localisation et appellation

Les trois communes qui composent la région étudiée sont situées sur la rive gauche de la rivière Allier, en amont de la confluence avec la Loire. Soit, de l'amont vers l'aval: Mornay-sur-Allier, Neuvy-le-Barrois, Apremont-sur-Allier. Elles se partagent entre deux cantons du département du Cher: Sancoins pour Mornay et Neuvy, La Guerche pour Apremont. La superficie totale des trois communes représente un peu plus de 8000 hectares. Elle s'inscrit dans un rectangle de 15 km du nord au sud et de 6 km d'est en ouest. (voir tableau 1)

Cette petite région est incluse dans la région naturelle «Vallée de Germigny» du département du Cher. Elle constitue également le prolongement vers le nord d'une autre région naturelle du département de l' Allier: «la Sologne bourbonnaise». Elle se situe donc au carrefour de deux provinces: le Berry et le Bourbonnais ainsi que de trois régions administratives: le Centre, la Bourgogne et l'Auvergne.

Traversée au sud par la RN 76 Bourges Moulins, accessible de Paris par l'autoroute en un peu plus de 2 heures, à une quinzaine de kilomètres de Nevers, c'est une région à la fois éloignée des grandes métropoles et préservée du tourisme de masse.

Deux pôles touristiques bien différents attirent les visiteurs en période estivale: le village et le parc floral d'Apremont d'une part, la rivière Allier d'autre part.

Une partie de la région concernée est incluse dans la Zone d'Importance Communautaire pour les Oiseaux (ZICO) de Mars-sur-Allier. D'une superficie de 770 ha, cette ZICO inclut une réserve de chasse de 150 ha et une Zone de Protection Spéciale (ZPS) de même dimension.

b) Géologie et pédologie

L'ensemble de la zone d'étude repose sur plusieurs mètres de sédiments issus de l'érosion du Massif Central et qui se sont déposés depuis le pliocène dans le fossé d'effondrement dans lequel coulent l'Allier et la Loire. Ces dépôts forment les « Sables et Argiles du Bourbonnais ».

Sur le plateau forestier et bocager, les dépôts de surface sont limoneux ou limono-sableux, les sols sont lessivés et dégradés. Leur hydromorphie explique la mise en place d'un paysage bocager et d'une activité agricole basée exclusivement sur l'élevage semi-extensif. Elle a contribué à la création de nombreuses pièces d'eau: étangs mais aussi mares et fosses à usages d'abreuvoirs pour le bétail.

De faibles superficies de sols bruns calciques existent au niveau des ourlets en limite du lit majeur, sur les affleurements de calcaires gris et de marnes du Bathonien et du Bajocien. On peut y voir les vestiges d'une ancienne activité d'extraction de calcaire et de production de chaux. Ces affleurements sont également visibles sur les versants des vallées affluentes encaissées. Des sources et des suintements de pente y ont créé des zones tourbeuses de faibles dimensions mais d'un intérêt écologique certain.

Dans le lit majeur de l'Allier, le Val proprement dit, se sont formés, sur les alluvions, des sols sableux ou argileux. Là aussi, l'hydromorphie est la règle.

Dans le lit mineur, la dynamique fluviale s'exprime encore assez librement. Les importantes variations du débit de l'Allier tout au long de son cycle annuel sont à l'origine d'un remodelage permanent des paysages. Les atterrissements d'alluvions sableuses, à forte teneur en matériaux d'origines détritique et volcanique, forment des îles et des plages dont l'aspect et l'étendue sont modifiés chaque année. Diverses associations végétales, typiques du lit mineur de la Loire et de l'Allier, s'y succèdent et s'y développent selon la hauteur des dépôts et la fréquence des crues, depuis les formations herbacées temporaires jusqu'aux boisements alluviaux de bois tendres et parfois de bois durs sur les rives et les îles les plus anciennes et les plus élevées.

Communes Population S.A.U.* Bois - chemins Surface totale
. (nbre habitants) (ha) (ha) (ha)
Mornay-sur-Allier 407 768 1394 2162
Neuvy-le-Barrois 147 1881 2317 4198
Apremont-sur-Allier 83 697 1106 1803
Totaux 637 3346 4817 8163

Source: Chambre d'Agriculture du Cher/M.AB. * Surface agricole utile

Tableau 1 : Caractéristiques des communes étudiées

atterrissements d'alluvions sableuses, à forte teneur en matériaux d'origines détritique et volcanique, forment des îles et des plages dont l'aspect et l'étendue sont modifiés chaque année. Diverses associations végétales, typiques du lit mineur de la Loire et de l'Allier, s'y succèdent et s'y développent selon la hauteur des dépôts et la fréquence des crues, depuis les formations herbacées temporaires jusqu'aux boisements alluviaux de bois tendres et parfois de bois durs sur les rives et les îles les plus anciennes et les plus élevées.

c) Description topographique et paysagère

Figure l : Localisation de la zone d'étude - figure 2 : Carte simplfiée de la zone étudiée

L'observation des cartes topographiques montre que la zone d'étude est en fait un plateau incliné en pente douce vers l'est et l'Allier. Le dénivelé le plus important se situe à la hauteur d'Apremont : 56 m de la crête forestière à l'ouest (altitude 226m) au lit mineur à l'est (altitude 170m).

D'un point de vue paysager, il est possible de distinguer 6 grands ensembles, soit, d'ouest en est:

les massifs forestiers (A)

Sous l'appellation« Bois ou Forêt d'Apremont», l'usage désigne un massif forestier relativement compact d'une superficie de 4500 ha environ s'étendant sur les communes d'Apremont et de Neuvy. Cette forêt représente le tiers sud d'un massif plus vaste qui s'allonge de façon ininterrompue le long de l'interfluve Aubois-Allier puis au-delà jusqu'au niveau de La Charité-sur-Loire.

Appartenant à plusieurs familles de la région, les Bois d'Apremont sont fermés à la pénétration du public. Je n'ai pas été autorisé à y poursuivre mes investigations. A mon grand regret car la contribution de ce massif à la diversité biologique du secteur dont il représente plus de 50% de la superficie, est certainement considérable. Ce défaut d'informations est néanmoins tempéré par les observations réalisées à partir des lisières et des routes qui traversent le massif. Hormis quelques parcelles de faible superficie récemment plantées en conifères, l'ensemble du massif est d'une grande homogénéité. Il s'agit d'une chênaie-charmaie, parfois chênaie-hêtraie, traitée en futaie régulière. Il semble que la régénération ait été retardée depuis longtemps, la plupart des parcelles paraissant âgées.

Quelques étangs parsèment le massif. Ils sont exploités en pisciculture extensive. Aucun d'entre eux ne possède de ceinture de végétation diversifiée, en particulier pas de roselière.

Figure 3 : Bloc-diagramme géologique et paysager

(auteur: J. F. Morin d'après carte géologique au 1/50 OOOème de Sancoins)

La nature argileuse du sol permet le maintien en eau jusqu' en été de nombreuses mares et ornières qui constituent des refuges précieux pour une partie de la faune et de la flore

(batraciens et insectes par exemple).

Les lisières sont parfois très découpées, notamment sur la commune de Neuvy, créant avec les prairies un paysage en mosaïque favorable à certaines formes de biodiversité (oiseaux et mammifères).

Quelques boisements morcelés plus modestes viennent compléter la couverture forestière: Bougy et La Prée sur Mornay (ce dernier dans le lit majeur), Pénisson, La Boulée et Le Petit Pée sur Neuvy.

le plateau bocager et les vallons (B)

Remembré en 1971-72 sur la seule commune de Mornaysur-Allier, le bocage a conservé un maillage consistant. Sur une superficie de 1607 ha contractualisés dans le cadre des mesures agri-environnementales et situés sur le plateau et dans les vallons, la longueur déclarée des haies est de 177,8 km, soit une moyenne de 110,6 ml ha. ( source: Chambre d'Agriculture du Cher 1 M.A.E.).

Comme toutes les régions bocagères, celle-ci a subi les dégâts provoqués par la graphiose de l'orme. Le paysage, privé de tous ses ormes centenaires, en a été complètement bouleversé. Aujourd'hui, le réseau de haies, s'il continue d'être correctement entretenu par les exploitants agricoles, présente parfois des signes de vieillissement: éclaircissement au pied, disparition des arbres de haut j et. La régénération des haies est donc devenue un objectif prioritaire des mesures agri-environnementales. Elle se fait par recépage et replantation d'arbres, chênes et fruitiers. L'objectif étant de

conserver à la haie son rôle essentiel dans la biodiversité. En effet, une haie présentant toutes les strates de végétation offre une plus grande variété de niches écologiques.

Les parcelles sont utilisées presque exclusivement pour l'élevage bovin de race charolaise, quelques troupeaux d'ovins et un seul troupeau de chèvres. Elles sont utilisées en prairies de fauche ou en pâtures, souvent les deux successivement. Les cultures annuelles (maïs et autres céréales) représentent moins de 10 % de la surface agricole utile.

Le plateau bocager est entaillé par quelques vallées de ruisseaux, affluents de l'Allier, au long desquelles ont été aménagés des chapelets d'étangs exploités en pisciculture traditionnelle (pêche annuelle ou pluriannuelle).

Les mares ou fosses à usage d'abreuvoirs pour le bétail sont nombreuses (au moins une par parcelle). Elles conservent l'eau assez facilement jusqu'en été. Là encore, ces habitats de faible dimension sont essentiels pour le maintien de populations importantes et diversifiées de batraciens ainsi que pour la flore.

En plusieurs endroits, des suintements de pente entretiennent des zones humides de faible superficie mais parfois de grand intérêt floristique (présence de Drosera rotundifolia par exemple).

Quelques hectares de friches (graminées et landes à genêts) apportent une diversité supplémentaire.

les "ourlets" sur les afJleurements (C)

Milieux linéaires, les ourlets se situent à l'interface plateau-lit majeur, à l'emplacement d'une rupture de pente parfois très marquée (quelques mètres de dénivelé), sur des affleurements calcaires et marneux du Bajocien-Bathonien. On peut y voir à plusieurs endroits des vestiges d'anciennes extractions de pierre (falaises de front de taille) pour les constructions et d'anciens fours à chaux. Une végétation calcicole herbacée et arbustive (viorne lantane, fusain, troène.. .) s'est installée sur les endroits les plus escarpés, constituant des milieux originaux dans un contexte par ailleurs très argileux.

le lit majeur ou val (D)

Le lit majeur constitue une vaste zone d'expansion des crues pour l'Allier. Ce val atteint 1500 m dans sa plus grande largeur aux« Petites Molles ».

Le maillage des haies est lâche, on ne peut pas ici parler de réseau. Sur une superficie de 608 ha, contractualisée dans le cadre des M.A.E., la longueur déclarée des haies est de 30,2 km, soit une moyenne de 49,7 m/ha. Le maillage est donc 3,5 fois moins dense que sur le coteau et dans les vallons (source: Chambre d'Agriculture du Cher/M.A.E.).

Les parcelles en herbe, exploitées en prairies naturelles de fauche et en pâtures, sont vastes (souvent plusieurs dizaines d'hectares). La monotonie est rompue par quelques bosquets et de nombreux grands et vieux arbres isolés (frênes, peupliers noirs, grisards, saules blancs) utilisés par les grands oiseaux pour nicher (rapaces, cigognes).

Une seule grande parcelle du val (25 ha) est ensemencée en maïs.

Lors des crues, celle de mai 200 l par exemple, la rivière recouvre des centaines d'hectares du val, coupant le chemin départemental à Apremont et interdisant l'accès aux pâtures. Après son retrait, les « gours », dépressions alimentées par les hautes eaux, conservent l'eau jusqu'à la fin de l'été. Ces milieux sont très propices à plusieurs éléments de la faune: stationnement des limicoles, nourrissage des hérons et cigognes, reproduction des batraciens, ainsi qu'à plusieurs espèces végétales: Marsilée à quatre feuilles, Gratiole officinale ...

La qualité écologique des prairies de fauche du lit maj eur se concrétise par une diversité biologique étonnante qui atteint son apogée en été. La diversité floristique est à l'origine d'un foisonnement d'insectes (orthoptères et odonates en particulier) qui constituent la nourriture d'un grand nombre d'espèces animales dont les batraciens et les oiseaux. Il est intéressant de noter que la plupart des espèces

d'oiseaux possédant un intérêt patrimonial ont un régime alimentaire totalement ou fortement composé d'insectes de milieux prairiaux (voir le paragraphe bilan et conclusion).

Les ruisseaux descendant du plateau se fraient un chemin en musardant dans les prés. Ils constituent des axes de communication entre la rivière et les étangs. Les microfalaises qui jalonnent leur cours encaissé sont utilisées pour la nidification de quelques oiseaux riches en couleurs (Martinpêcheur, Guêpier).

le lit mineur de l'Allier (E)

Sur 15 km de cours, l'Allier offre tous les aspects de sa basse vallée, particulièrement bien visibles à la fin de l'été, en période d'étiage.

Le lit a un aspect tressé, comme celui de la Loire en aval de La Charité-sur-Loire. La rivière serpente entre des îles d'aspect divers. Certaines sont boisées et couvertes d'une végétation à l'aspect luxuriant. Elles servent de refuge à toute une faune que les activités humaines effarouchent (hérons, rapaces, sangliers, castors...) . D'autres ne sont que des étendues de sables et de graviers tout juste émergées et qui verdissent en été. C'est là que se reproduisent les sternes, petits gravelots et autres oedicnèmes.

Le retrait de l'eau, tout au long du printemps et de l'été, crée des milieux temporaires propices au développement d'associations végétales modestes et fragiles. Ces espaces aux lisières de l'eau sont parcourues par des centaines de limicoles en migration.

Dans les méandres la rivière ronge la terre. Les falaises ainsi sculptées, témoins d'une dynamique fluviale active, sont utilisées pour la reproduction d'oiseaux fouisseurs: Hirondelle de rivage, Martin-pêcheur, Guêpier.

Au moins autant que la Loire l'Allier mérite le qualificatif symbolique de « fleuve sauvage ». L'absence d'endiguement, sa (relative) liberté de divagation, la topographie variable des composantes de son lit sont responsables de son aspect naturel et de la diversité de ses habitats.

les lieux habités (F)

Les abords des villages et les bâtiments de ferme, comme tous les lieux construits, procurent plusieurs types d'habitats propices à la faune: étables, granges, greniers, tas de paille, vieux arbres à cavités, mares... Tous les villages et hameaux sont implantés sur le plateau bocager ou à la limite supérieure des ourlets. Deux fermes seulement sont implantées dans le lit majeur, dont l'une est maintenant une résidence secondaire.

Un grand nombre d'espèces d'oiseaux mais aussi de reptiles et de mammifères dépendent directement de ces habitats anthropiques ou sont largement favorisées par leur existence.

Citons les Chauve-souris, les Hirondelles, les Rougesqueues, les moineaux, le Lézard des murailles, etc.. .

Ces six ensembles paysagers comportent chacun, nous venons de le voir, plusieurs types d'habitats. Cette juxtaposition est source d'une grande diversité biologique, tant animale que végétale. Deux systèmes transversaux adoucissent l'effet de juxtaposition et permettent une communication et une circulation entre les différents ensembles. Les ruisseaux traversent successivement les bois, le bocage, les étangs et le lit majeur avant de rejoindre l'Allier. Si les étangs limitent la circulation de la petite faune aquatique (poissons et invertébrés), il n'en est pas de même pour les vertébrés terrestres qui peuvent les utiliser comme de véritables axes de communication. Le réseau de haies du bocage peut jouer le même rôle. Ininterrompu de la forêt jusqu' au lit majeur, il peut être utilisé aussi bien pour la circulation des espèces typiquement forestières que pour celle des espèces des milieux semi-ouverts.

d) Les activités économiques

L'activité agricole repose presque exclusivement sur l'élevage de bovins de race charolaise, pour la production de viande. Les veaux, élevés sous la mère, sont vendus au stade « broutard » à l'âge de 6 mois environ. Il existe également une production de bœufs gras. Ce mode d'élevage est semi-extensif et produit une viande de grande qualité. Les animaux sont « à l'herbe» d'avril à décembre et en stabulation libre le reste du temps. Leur alimentation est entièrement produite à la ferme: fourrage, ensilage de maïs et céréales. La paille nécessaire pour la litière est importée des régions voisines. La plupart des prairies sont « naturelles », dans le val notamment, ou faiblement amendées.

L'élevage des moutons, peu développé, représente un complément de revenus sur plusieurs exploitations. Une exploitation produit des fromages de vache et de chèvre.

Il n'existe aucun élevage hors sol sur les trois communes.

La sylviculture, pratiquée sur plus de la moitié de la superficie de la région, est le fait de quelques grands domaines forestiers. Elle produit essentiellement du bois de chêne et de fruitiers.

La pisciculture représente, elle aussi, un complément de revenus pour les propriétaires d'étangs. La plupart du temps, elle est extensive (sans amendement et pêche pluriannuelle).

Un étang est consacré à la pêche à la carpe. Les amateurs y affluent de la France entière.

Pour l'activité touristique, le village d' Apremont, classé « un des plus beaux villages de France» et son parc floral représentent un point de fixation important visité par des milliers de visiteurs chaque année, principalement en été (40000 en 2001).

Cette fréquentation a peu de retombées pour les deux autres communes en raison du manque d'infrastructures d'accueil. Très localisée, elle a également très peu d'impact sur la qualité des habitats et dérange peu la faune. L'Allier représente un autre pôle touristique important. De juin à septembre, des centaines d'adeptes de la pratique du canoë et du kayak circulent sur la rivière, conquis par les paysages et l'aspect « sauvage» de la nature. L'accroissement récent de cette forme de tourisme, en période de reproduction des oiseaux, pourrait rapidement être à l'origine de dérangements. Les espèces qui se reproduisent sur les îles (Sternes, Oedicnèmes, Gravelots, etc...) sont évidemment les plus concernées. Il serait temps, pour les administrations et les associations, de mettre en place une politique d'information et une réglementation adaptées.

e) L'opération locale des Mesures Agri-environnementales (MAE)

En mars 98 le Préfet du Cher a signé l'arrêté autorisant le lancement de l'opération locale « Val d'Allier» dans le cadre de la procédure nationale des mesures agrienvironnementales.

Le financement prévu, accordé par l'Union Européenne (50%) et l'Etat (50%), s'élève à 190 000 € l'an pour une période de 5 ans.

Les objectifs locaux de cette mesure ont été ainsi définis: « maintien des écosystèmes et de la biodiversitédu bocage du Val d'Allier par le maintien de pratiques compatibles avec la richesse biologique et paysagère ». Une quarantaine d'exploitants ont adhéré et 2200 ha ont été contractualisés.

Afin de bénéficier du financement (sous forme de primes à 1 'hectare) les exploitants doivent respecter des contraintes consignées dans un cahier des charges.

Quatre types de contrat sont proposés: A = zones humides des vallons, B = lit majeur de l'Allier et ruisseaux affluents, C = bocage du coteau, D = cultures annuelles

Les contraintes les plus courantes concernent l'entretien et la restauration des haies, la limitation de l'utilisation des produits phytosanitaires et des fertilisants, la pression de pâturage, les dates de fauche et de pâturage, l'entretien des rives des ruisseaux.

Selon les options choisies et le type de contrat, le montant de la prime à l'hectare varie de 30 à 168 Euros envIron.

Après trois années d'observation le recul est encore insuffisant pour juger de l'impact de ces mesures sur la biodiversité. Néanmoins, pour l'instant, rien ne permet de dire que l'objectif général, qui est le maintien des écosystèmes et de la biodiversité, n'a pas été respecté. En effet, aucune disparition d'espèces ni de diminution importante d'effectifs n'ont été constatées. En revanche, quelques nouveautés ont été notées: nidification des guêpiers depuis 2001, hivernage de grues cendrées par exemple. Quelques espèces, dont la cigogne blanche, voient leurs effectifs croître régulièrement.

ll.LA FAUNE VERTEBREE

Débuté en 1996, l'inventaire de la faune vertébrée a été poursuivi pendant les années suivantes avec une assiduité et une progression très inégales:

- 1996 : rédaction d'un mémoire ornithologique à partir des données connues (fiche ZNIEFF n° 1013 rédigée en 1984) et d'une prospection succincte (2 journées) faisant ressortir le potentiel important du secteur en ornithologie et mammalogie. - 1997 : 2 journées de prospection (ornithologie)

- 1999 : 1 journée de prospection (ornithologie- mammalogie) - 2000 : 15 journées de prospection (ornithologie- mammalogie- batracologie)

- 2001 : 55 journées de prospection (ornithologie- mammalogie- batracologie- herpétologie)

a) Méthodologie

Les méthodes utilisées pour la récolte des données appartiennent à deux catégories principales:

- prospections naturalistes et mise en œuvre de protocoles simples d'observation,

recueil de données auprès de personnes présentes sur le terrain. Dans ce cas les informations ont été vérifiées ou ont fait l'objet d'une enquête approfondie.

Les mammifères

- identification systématique de tous les cadavres découverts,

- recherche de traces, excréments et autres indices dans tous les endroits favorables: chemins, bords de rivière, lisières, abords des habitations, bâtiments inoccupés...,

- affûts crépusculaires et matinaux dans différents milieux, - analyse de pelotes de rejection de chouette effraie pour les micromammifères (rongeurs et insectivores) ,

- recueil d'informations sur les chiroptères auprès du Museum de Bourges,

- recueil d'informations auprès des habitants, exploitants et piégeurs.

Les oiseaux

- parcours en toute saison des différents milieux et habitats - points d'écoute en période de nidification, de jour et de nuit,

- observation à partir de points élevés,

- vérification d'informations recueillies auprès des habitants.

Les reptiles

- identification systématique de tous les cadavres découverts,

- prospection dans les milieux favorables.

Les batraciens

- prospection systématique des points d'eau accessibles (mares, fosses, queues d'étangs, ornières), capture des animaux à l'épuisette pour identification et remise à l'eau immédiate,

- identification des pontes et larves,

- points d'écoute nocturnes en période de reproduction,

- utilisation nocturne d'un parcours automobile de 20 km en période de déplacement des batraciens pour identifier les espèces et repérer les lieux et périodes favorables.

Les poissons

Recueil d'informations auprès du Conseil supérieur de la pêche et des pêcheurs locaux.

b) Analyse des résultats

Les listes de toutes les espèces inventoriées sont données en annexe. Dans ce paragraphe est présentée une analyse commentée des résultats des inventaires. Sont indiqués les nombres d'espèces et leur statut biologique dans la zone d'étude, accompagnés de commentaires sur la répartition, le nombre d'individus (pour les espèces à faible effectif). Des cas particuliers sont évoqués lorsque le statut n'est pas clairement établi ou lorsqu'un changement important est récemment intervenu.

Les mammifères

A ce jour 44 espèces ont été répertoriées sur les trois communes du secteur (voir liste complète en annexe 1), soit:

- 8 chiroptères - 5 insectivores - 10 carnivores - 16 rongeurs

- 2 lagomorphes - 3 artiodactyles.

Commentaires :

Les données concernant les chiroptères ont été communiquées par Laurent Arthur, du Museum de Bourges. Selon lui, d'autres espèces sont certainement présentes sur le secteur. Une prospection plus ciblée et plus systématique devrait le démontrer.

La rareté de la Musaraigne aquatique dans les pelotes de chouette effraie est surprenante: 1 sur 230 proies. C'est un résultat à confirmer.

La Genette a fait l'objet de 8 observations depuis 1977 dont 2 « par corps» en 200 1. La plupart, 6 sur 8, proviennent du massif forestier ou des zones de lisière. La densité de cette espèce est certainement très faible. Aucun cas de capture n'a été signalé depuis 1994. Les piégeurs sont bien informés et sensibilisés à la rareté de cette espèce.

Le Chat forestier est bien présent sur le secteur. 3 individus différents ont pu être observés et identifiés en 2001. Un en lisière de forêt dans les prairies fauchées, un autre au bord de l'Allier oùje l'ai observé traverser à la nage un bras de la rivière pour se rendre sur une île, le troisième à l'état de cadavre sur la route nationale 76.

La présence de la Loutre est loin d'être clairement établie. Quelques données ont été récoltées, une trace et une observation sur un banc de sable, mais aucun marquage territorial. Sa présence régulière est attestée sur la rivière à 40 km en amont.

La présence d'une espèce de vison est suspectée mais n'a pas pu encore être confirmée.

Quelques Mulots à gorge jaune ont été identifiés (3 au moins de façon certaine sur 230 proies) dans deux lots de pelotes de Chouette effraie.

Le Castor d'Europe est bien implanté sur la rivière où les indices de sa présence sont visibles partout. 3 ou 4 familles semblent se partager les 15 km de rivière entre Apremont et Mornay. Le Rat d'eau ou Campagnol amphibie n'est pas abondant. Il est capturé de temps à autre dans les pièges à ragondin.

Le Muscardin et le rat des moissons ont fait l'objet d'une observation chacun depuis 1996.

Le Rat noir peut être localement abondant, notamment dans les habitations au bord de l'Allier.

Le Lapin de garenne, présent en petit nombre, fait depuis quelques années l'objet d'une opération de renforcement de population menée par la fédération départementale des chasseurs.

Le Sanglier et le Chevreuil sont ici très abondants. A noter qu'ils fTéquentent de façon habituelle les îles boisées de la rivière.

Le Cerf est présent de manière irrégulière et en petit nombre dans les massifs forestiers.

Les oiseaux

159 espèces ont été observées depuis 1996 (voir liste complète en annexe 2). Elles ont été classées en 7 catégoDes:

- S : 63 espèces nicheuses, présentes toute l'année,

- N : 47 espèces d'estivants nicheurs (certains et probables), - N ?: 6 espèces dont la nidification est à rechercher,

- E: la espèces d'estivants observées dans le secteur en période de reproduction. Certaines se reproduisent à proximité,

- H: 9 espèces d'hivernants stricts (d'août à avril),

- M : 17 espèces de migrateurs observées au printemps et à la fin de l'été,

- 0 : 7 espèces occasionnelles ou inhabituelles.

110 espèces (N+S) se reproduisent donc de façon certaine ou probable. On pourrait y ajouter quelques unes des 10 espèces d'estivants dont la reproduction sur le secteur est possible selon les années.

Commentaires :

Les grèbes et cormorans

4 espèces de grèbes ont été observées depuis 1996.2 se reproduisent régulièrement sur les étangs: le Grèbe huppé et le Grèbe castagneux.

Le Grèbe à cou noir est observé en été. Il se reproduit probablement à l'étang de J avoulet situé sur la commune de Sancoins (5 km à l'ouest du secteur).

Le Grèbe esclavon a été observé le 12 novembre 2000 sur l'Allier.

Quelques centaines de Grands cormorans sont présents sur l'Allier d'août à fin mars. Quelques individus sont présents tout l'été. Aucun cas de nidification n'a été observé.

Les hérons

Parmi les 6 espèces observées, 3 se reproduisent de façon certaine: les Hérons cendrés (environ 60 couples dans le lit mineur) et bihoreaux ainsi que l'Aigrette garzette (2 à 3 couples).

La Grande aigrette est observée de septembre à avril (de l à 3 individus en 2000-2001).

Le Héron pourpré est observé en petit nombre à la fin de l'été. Il se reproduit probablement à l'étang de Javoulet.

Le Héron garde boeufs a été noté pour la première fois le 8 septembre 2001.

Les cigognes

La Cigogne blanche se reproduit à Neuvy-le-Barrois depuis 1977. Longtemps limitée à quelques couples, la population connaît actuellement une phase d'expansion. La localisation des nids est assez variable d'une année à l'autre. 12 nids ont été construits en 2001 dans ce secteur dont 9 sur le même arbre. 9 nids ont produit 23 jeunes àl'envol: de l à 5 par nids. La population s'étend également sur les départements voisins de l'Allier et de la Nièvre. En 200 l elle serait forte d'une vingtaine de couples. Une concertation interdépartementale avec la SaBA et l'ADATER est en cours afin d'assurer un suivi annuel.

Les premiers adultes arrivent sur les nids début février. A la fin du mois d'août toutes les Cigognes blanches ont déserté la région.

La Cigogne noire est régulièrement observée dans le secteur de la fin mars à fin septembre (maximum: 6 le 23 septembre 2001 en activité de pêche dans la rivière). Sa nidification dans le secteur est très probable. Aucun nid n'a encore été découvert. Plusieurs cas de reproduction sont connus ailleurs dans le département du Cher.

Les anatidés

Au moins 3 espèces se reproduisent de façon certaine: le Canard colvert, le Fuligule milouin (au moins 3 femelles avec des jeunes en 2001 à l'étang Bouchard) et le Cygne tuberculé (au moins 2 sites de nidification). La reproduction de la Sarcelle d'hiver est possible à l'étang Bouchard.

Quelques troupes d'oies grises sont observées chaque année en migration.

La Bemache du Canada fait partie des occasionnelles: 1 de la fin septembre au 31 décembre 2001 sur un étang de Neuvy-leBarrois, de même la Macreuse noire: 1 femelle le 25 mars 200 1 sur un étang de Momay-sur-Allier. En hiver, lorsque les plans d'eau sont gelés, les ilôts et bancs de sable de l'Allier servent de refuge à des centaines de canards: sarcelles d'hiver, canards colverts, siffleurs, fuligules et parfois harles.

Les rapaces diurnes

14 espèces ont été observées depuis 1996.

Panni les espèces remarquables dont la nidification est certaine ou probable: l'Autour des palombes, l'Aigle botté (au moins un couple dans les bois d'Apremont), la Bondrée apivore, le Milan noir et le Faucon hobereau.

Le Milan royal est observé régulièrement en période de reproduction, ainsi qu'en période de migration (25 le 7 octobre200l à Neuvy-le-Barrois) de même le busard Saint-Martin et le busard des roseaux. Ce dernier, nicheur à l'étang de Javoulet, est un visiteur d'été. La nidification du Busard Saint-Martin est possible dans les rares coupes forestières. Le Busard cendré est un visiteur d'été occasionnel. Il niche dans la région voisine de la Champagne berrichonne.

La nidification du Balbuzard pêcheur a été suspectée pendant 2 ans. A tort, toutes les observations de ces dernières années sont concentrées sur les périodes de migration: mars-avril et septembre.

Le Faucon pèlerin est un visiteur d'automne et d'hiver. Il a été observé à plusieurs reprises au dessus de l'Allier en octobre 2001.

Les gallinacés

La Perdrix grise est très rare sur le secteur. Je n'ai observé aucune couvée depuis 1996. La Perdrix rouge est plus commune, sans être très abondante.

La Caille des blés est présente en petit nombre, notamment dans les prairies de fauche du val. La densité de cette espèce est fluctuante. Elle était plus faible en 2001 que les années précédentes.

Les grues

Depuis quelques années les Grues cendrées stationnent de plus en plus longtemps en période hivernale (jusqu'à plusieurs centaines d'individus de décembre 2000 à mars 2001). Un groupe d'une vingtaine d'individus a stationné jusqu'au 8 avril 2001.

Les limicoles

3 espèces se reproduisent de façon certaine: l' Oedicnème criard dans les semis de maïs et de tournesol mais aussi sur les grèves de l'Allier, le Petit grave1ot sur les grèves et le Vanneau huppé dans le bocage.

La nidification du Courlis cendré est possible. Cette espèce est observée toute l'année. Une troupe de 40 à 80 individus fréquente la rivière et les prairies du val de juin à avril. Le reste de l'année, les observations concernent des individus isolés.

Les laridés

Mouettes rieuses et Goélands leucophées, adultes et immatures, sont présents toute l'année mais ne se reproduisent pas sur le secteur.

Les sternes et les guifettes

Sternes naines et Sternes pierregarin sont présentes pendant la saison de reproduction d'avril à septembre. Leur reproduction est irrégulière et en petit nombre dans la zone étudiée. La colonie permanente de reproduction la plus proche se trouve à Embraud, quelques kilomètres en amont dans le département de l'Allier.

La Guifette moustac est un visiteur d'été (nicheuse à Javoulet ?).

Les rapaces nocturnes

4 espèces se reproduisent de façon certaine dans le secteur et sont présentes toute l'année.

La Chouette chevêche utilise les trous dans les murs des bâtiments de ferme pour élever ses nichées. Au moins 2 sites sont connus.

Le Hibou moyen-duc est répandu en période de reproduction. Un dortoirregroupant une trentaine d'oiseaux, dans une haie près d'une mare du bocage, a été observé au cours de l'hiver 2000-2001.

Engoulevent, Guêpier et Huppe

L'Engoulevent est présent dans les coupes forestières en petit nombre: 4 à 5 mâles chanteurs dénombrés en 2000 et 200 l, dans la partie nord de la commune d' Apremont.

8 à 10 couples au minimum de Guêpiers d'Europe ont niché dans le secteur en 2001, répartis dans 4 sites: rives érodées de l'Allier et falaises de vallées encaissées de ruisseaux. De la fin du mois d'août à la fin de septembre des troupes de 10 à 100 oiseaux sont observées en migration audessus de la rivière et dans les prairies voisines.

L'espèce est sans aucun doute en expansion numérique et géographique.

La Huppe est bien présente dans le secteur. Son chant est entendu dès la dernière semaine du mois de mars. Elle utilise les cavités des vieux arbres et des bâtiments pour sa reproduction.

Les pics

Au moins 5 espèces se reproduisent de façon certaine ou probable. Le Pic cendré, noté en 1993 à Apremont par Jean-Louis Pratz, n'a pas été contacté depuis 1996. Le pic noir, présent en forêt, se déplace très facilement dans le bocage et jusque dans le val.

Le Pic épeichette est très abondant dans les boisements alluviaux du lit mineur riches en arbres morts.

Le Pic mar est localisé aux vieilles futaies du massif forestier.

Le Torcol n'est pas connu en période de reproduction. Une observation possible la première semaine d'octobre 2001 à Neuvy-le-Barrois.

Les passereaux

70 espèces de ce groupe ont été observées ou entendues. La plupart se reproduisent dans le secteur.

Citons, parmi celles-ci, quelques espèces peu abondantes: la Fauvette babillarde ( au moins 2 contacts en des lieux différents depuis 1996), les pies-grièches grise et à tête rousse, les bergeronnettes, printanière et des ruisseaux. D'autres, telles l'Alouette lulu et la Pie-grièche écorcheur, connaissent ici une forte abondance.

Le groupe des fauvettes et apparentés est particulièrement bien représenté avec 14 espèces dont certaines, Fauvette à tête noire, Fauvette des jardins et HypolaÏs polyglotte par exemple, sont omniprésentes par leur chant pendant toute la saison de reproduction. La Fauvette pitchou n'a pas été contactée. Le faciès de lande qui lui est habituellement favorable dans notre région est très peu présent dans le secteur.

Parmi les corvidés seuls la Corneille noire et le Choucas des tours se reproduisent. Il n'y a pas de colonie de Corbeau freux sur les trois communes concernées. La plus proche se trouve à Sancoins.

Le Moineau friquet est peu abondant. Quelques colonies de reproduction ont été trouvées en 2001 dans des arbres creux sur une île de l'Allier et dans deux haies du bocage.

Les bruants sont bien représentés (4 espèces). Le Bruant proyer est présent dans les grandes parcelles de prairies du val et du bocage.

Certaines espèces ne sont observées qu'au moment des migrations. C'est le cas du Traquet motteux, des grives litorne et mauvis. D'autres ne sont observées qu'en hiver: Tarin des aulnes et Pinson du nord par exemple.

Le Pipit rousseline a été observé (3 individus) en mai 2000 sur une prairie à l'herbe rase mais n'a pas été revu depuis.

L'avifaune de ce secteur du sud-est du Berry présente une diversité à mettre en relation avec la diversité et la qualité des habitats. Cette diversité se manifeste bien sûr par le nombre d'espèces s'y reproduisant mais aussi par l'important cortège d'espèces "phares" observées au fil des saisons. Parmi elles: les cigognes, blanches et noires, le Héron pourpré, la Grande aigrette, l'Aigle botté, le Balbuzard pêcheur, le Milan royal, le Guêpier d'Europe...

Malgré l'effort de prospection consenti en 2000 et 200 l, quelques espèces «potentiellement» nicheuses n'ont pas encore été contactées mais le seront peut-être dans les années qui viennent. C'est le cas du râle des genêts, du torcol, du pipit farlouse, des mésanges noire et huppée. Concernant le râle des genêts, il est significatif de constater que les éleveurs n'en connaissent pas le chant. L'espèce a vraisemblement disparu du secteur depuis longtemps.

La nidification de certaines espèces reste à prouver, comme celles de la bécasse, du tarier des prés et de la pie grièche grise.

Les reptiles

Après une seule année de prospection de ce groupe, 7 espèces ont été répertoriées de façon certaine (liste en annexe 3), dont:

- 2 lézards (des murailles et vert),

-l'orvet,

- la vipère aspic,

- 3 couleuvres (vipérine, à collier et d'Esculape).

Commentaires'

La Couleuvre vipérine est relativement commune dans le cours de l'Allier d'où elle remonte dans les affluents.

La Couleuvre à collier est omniprésente dans la plupart des lieux humides: rives d'étangs, mares, fossés et prairies. Des individus se font souvent écraser sur les routes au printemps et en été.

Plusieurs habitants évoquaient la présence d'un « serpent vert» jusqu'à ce printemps 2001 où, à deux reprises, j'ai identifié la Couleuvre d'Esculape. La première fois il s'agissait d'un individu tué par une voiture sur la commune d'Apremont. Sa longueur atteignait 1,40 m environ. L'identification a été confirmée par Laurent Arthur du Muséum de Bourges. Quelques jours plus tard j'ai observé un autre individu de taille équivalente, vivant celui-ci, traverser une route. Aux dires des habitants cette couleuvre est très abondante dans la région. Un menuisier m'a rapporté qu'il avait mis à jour, il y a plusieurs dizaines d'années, une grande quantité d' œufs dans un tas de sciure.

La présence de la Couleuvre verte et jaune est suspectée d'après des informations rapportées par certaines personnes, mais n'a pas encore été confirmée.

La Couleuvre coronelle n'a pas été observée non plus mais sa présence est connue à quelques kilomètres au nordouest d' Apremont.

Les batraciens

Comme il a été dit dans la présentation de la zone d'étude, l'abondance des mares et autres lieux humides fait de cette région un paradis pour les batraciens, anoures et urodèles.

A ce jour, après deux années de prospection, 10 espèces ont été identifiées (liste en annexe 4) :

- la salamandre tachetée,

- 2 tritons (palmé et crêté),

- 3 crapauds (commun, calamite, alyte), -la rainette verte,

- 3 grenouilles (verte, agile et rousse).

Commentaires :

La salamandre tachetée est notée de deux façons:

- les adultes en déplacement sur les routes forestières lors des soirées pluvieuses et douces du printemps,

- les larves capturées dans les mares proches des lisières forestières.

Hormis le Triton palmé, très abondant dans les mares en période de reproduction, seul le Triton crêté a été observé: 2 immatures dans la même mare au voisinage d'un étang. Le locataire de cet étang m'a signalé avoir observé de nombreux adultes de cette espèce regroupés à la bonde.

Le Crapaud calamite est l'une des espèces de batraciens les plus faciles à localiser. Au printemps, les soirées tièdes sont animées par les chants bruyants de centaines de ces crapauds, souvent mêlés à ceux des Rainettes vertes.

La présence de l'alyte semble limitée à quelques mares au voisinage des habitations, dans les bourgs même de Neuvy-le-Barrois et de Mornay-sur-Allier.

La Rainette verte, encore plus que le Crapaud calamite, est une espèce omniprésente dans les mares et les étangs du bocage et du val. Après une interruption pendant l'été, les chants reprennent, de façon plus isolée, en septembre. A cette saison les rainettes sont fréquemment observées sur les murs des habitations et dans les arbres.

La Grenouille rousse n'avait pas été notée dans la région lors des derniers inventaires. C'est l'observation de plusieurs dizaines d'adultes un soir pluvieux du mois de mars 2001 sur une route départementale qui m'a orienté sur une possible reproduction de l'espèce. Les prospections ultérieures m'ont apporté une confirmation. Au moins 8 sites de ponte ont été découverts, toujours dans des profondeurs d'eau très faibles: ruisseau d'alimentation et bassins d'évacuation d'étangs forestiers, fossés d'alimentation de mares, etc.. .Dans plusieurs sites les pontes voisinent avec celles de la grenouille agile dont la répartition semble très homogène.

Subsiste le problème de l'appartenance des « grenouilles vertes ». Je n'ai toujours observé que des grenouilles vertes d'une longueur inférieure à 10 cm et la comparaison des chants avec des enregistrements me conduit à éliminer la grenouille rieuse. Il pourrait donc s'agir de la grenouille de Lesson ou/et de la Grenouille hybride (Rana esculenta). Cette question fait partie des problèmes à résoudre dans les années qui viennent. Il y en a d' autres!

Plusieurs autres espèces de batraciens peuvent encore être espérées:

- une ou deux espèces de tritons (marbré, alpestre. . .)

- le Sonneur à ventre jaune et peut-être le Pélodyte ponctué.

Les poissons

Voir en annexe 5 la liste des espèces présentes dans la rivière Allier et les affluents, aimablement communiquée par le Conseil supérieur de la pêche (M. Boutévillain). Cette liste donnée à titre indicatif et certainement incomplète, comporte 28 espèces dont 5 sont inscrites à l'annexe II de la directive «Habitats» (voir le paragraphe ci -dessous).

Quatre espèces de poissons migrateurs remontent le cours de la Loire et de l'Allier pour venir se reproduire sur les frayères. Ce sont: le Saumon atlantique, la Truite de mer, la Grande Alose, et la Lamproie marine. Inversement, l'Anguille, qui se reproduit dans la mer des Sargasses, grandit et acquiert sa maturité sexuelle en rivière. La Lamproie de Planer est aussi présente.

III. BILAN DES INVENTAIRES

Du mois d'avril 1996 à ce jour (31 décembre 2001), 248 espèces de vertébrés ont été observées sur les 8200 hectares que compte cette région du Val d'Allier berrichon.

Les inventaires souffrent d'un manque de données pour certains groupes taxonomiques. C'est le cas notamment des chiroptères et des reptiles. Les prospections des années à venir devraient permettre de combler ces lacunes.

Pour les autres groupes, mammifères autres que les chiroptères, oiseaux, reptiles, batraciens et poissons, on peut estimer que moins de 10 % des espèces restent à découvrir. Il peut s'agir d'espèces discrètes, très localisées ou à faibles effectifs.

Le tableau suivant établit le bilan des espèces, concernées par la directive « oiseaux» et la directive « habitats »de l'Union européenne, présentes dans la région étudiée.

Pour la directive « oiseaux» ont été retenues les espèces inscrites à l'annexe I, utilisée pour définir les« Zones de protection spéciale» (ZPS).

Pour la directive «habitats» ont été mentionnées les espèces figurant dans les annexes II, IV et V. L'annexe II est utilisée pour définir les futures « Zones spéciales de conservation» (ZSC) sur l'ensemble du territoire européen. L'annexe IV énumère les espèces dev nt faire l'objet d'une protection stricte et l'annexe V regroupe des espèces pour lesquelles des mesures de conservation particulières sont souhaitables.

ZPS et ZSC constitueront, à terme, le réseau NA TURA 2000 à l'échelle européenne.

La directive « oiseaux », annexe 1

15 espèces dont la nidification est certaine ou probable dans la zone d'étude:

Aigrette garzette - Egretta garzetta

Bihoreau gris - Nycticorax nycticorax

Cigogne blanche - Ciconia ciconia (p)

Aigle botté - Hieraaëtus pennatus

Milan noir - Mi/vus migrans (p)

Bondrée apivore - Pernis apivorus (p)

Oedicnème criard - Burhinus oedicnemus (p)

Sterne naine - Sterna albifrons

Sterne pierregarin - Sterna hirundo

Engoulevent d'Europe - Caprimulgus europaeus

Martin-pêcheur - Alcedo atthis

Pic noir - Dryocopos martius

Pic mar - Dendrocopos medius

Alouette lulu - Lullula arborea (p)

Pie-grièche écorcheur - Lanius collurio (p)

6 espèces dont la nidification est possible ou irrégulière:

Héron pourpré - Ardea purpurea

Cigogne noire - Ciconia nigra

Busard des roseauxCircus aeruginosus

Busard Saint-Martin - Circus cyan eus

Milan royal - Mi/vus mi/vus

Pic cendré - Picus canus .

Espèces présentant un intérêt régional, localisées ou à faibles effectifs en région Centre.

Espèces dont la nidification est certaine ou probable.

Guêpier d'Europe - Merops apiaster (p)

Huppe fasciée - Upupa epops (p)

Chouette chevêche - Athene noctua (p)

Lanius senator (P)

Espèces dont la nidification est possible

Courlis cendré - Numenius arquata (p)

Pie-grièche grise - Lanius excubitor (p)

(p) indique les espèces dont le régime alimentaire est composé en totalité ou pour une part importante d'insectes des milieux prairiaux. Ce sont donc des espèces très sensibles à la qualité de ces milieux et qui peuvent, par conséquent, être qualifiées de bio-indicatrices.

Sur 27 espèces d'oiseaux citées, soit parce qu'elles sont inscrites à l'annexe I de la directive « oiseaux », soit parce qu'elles présentent un intérêt régional fort, 12 au moins sont dans ce cas.

La directive «habitats», annexes II, IV, V

Groupes Annexe II Annexe IV Annexe V
Mammifères Barbastelle Vespertilion de Natterer Genette
. Vespertilion à oreilles échancrées Pipistrelle commune Martre
. Grand murin Sérotine commune Putois
. Petit rhinolophe Oreillard sP. .
. Castor d'Europe Chat forestier .
. Loutre d'Europe Muscardin .
Reptiles . Couleuvre d'Esculape .
. . Lézard vert .
. . Lézard des murailles .
Amphibiens Triton crêté Crapaud alvte Grenouille rousse
. . Crapaud calamite .
. . Rainette verte .
. . Grenouille agile .
. . Grenouille de Lesson .
Poissons Bouvière . Barbeau
. Grande alose . .
. Saumon atlantique . .
. Lamproie marine . .
. Lamproie de Planer . .
Totaux 12 14 5

 

CONCLUSION

L'état actuel de cet inventaire montre la grande richesse biologique de cette région naturelle. Sur un peu plus de 8000 hectares seulement, trois communes de superficie moyenne, se côtoient au minimum 248 espèces de vertébrés. Parmi celles-ci, 27 sont inscrites à l'annexe II de la directive « habitats »ou à l'annexe 1 de la directive« oiseaux» de l'Union européenne, sans compter les espèces qui présentent un intérêt au niveau régional. Cette richesse et cette diversité sont directement liées à la diversité des habitats, à leur étroite imbrication mais aussi à leur grande qualité.

Nous retrouvons là une qualité d'habitats qui n'est plus qu'un souvenir dans bon nombre d'autres régions. Il est évident que les contraintes physiques imposées par le milieu, la nature argileuse et fortement hydromorphe des sols, le caractère inondable du lit majeur, ont grandement contribué au maintien d'un systéme agro-pastoral favorable à l' expression de la diversité biologique. Mais ce patrimoine, légué par les générations précédentes, aurait pu subir, comme en beaucoup d'autres endroits de France, les tentatives d'intensification des productions de la part d'une agriculture « moderne ».

Par leur engagement dans les «mesures agrienvironnementales » et le respect scrupuleux des cahiers des charges, les exploitants de la génération actuelle montrent clairement leur volonté de concilier une production de qualité, économiquement viable, et le respect de l' environnement. Cette dernière expression incluant tout aussi bien le maintien de la qualité paysagère que de la diversité biologique.

Les M.A.E. ont été pour les éleveurs un bon stimulant. Il reste maintenant à imaginer la suite. Une réflexion est en cours pour mettre en place des contrats territoriaux d' exploitation (CTE). Espérons qu'elle débouchera sur des actions concrètes et aussi intéressantes que les précédentes.

Cette étude, si elle a demandé un investissement important en temps passé et en kilomètres parcourus, avait pour objectif principal de dresser un état initial des lieux dans le domaine de mes compétences naturalistes, les vertébrés. Mais je suis conscient que ceci ne représente qu'une infime partie de la connaissance naturaliste qu'il serait utile d'avoir. D'autres s 'y emploieront. Dans le domaine végétal, C. Bodin et les techniciens de la Chambre d'Agriculture ont déjà collecté une grande quantité d'informations. Concernant les invertébrés, les sondages effectués par des naturalistes de passage laissent supposer une grande diversité des insectes prairiaux, odonates et orthoptères en particulier.

Le problème du suivi va maintenant se poser. Dans les années qui viennent, trois axes me paraissent prioritaires:

- poursuivre la concertation avec les exploitants et la Chambre d'Agriculture afin d'adapter au mieux les pratiques agricoles au maintien de la biodiversité,

- affiner les connaissances en diversifiant les études naturalistes,

- assurer un suivi de quelques espèces choisies pour leur représentativité de la qualité des habitats. Concernant les oiseaux par exemple, il s'agit des espèces dont l'alimentation dépend en grande partie des insectes des prairies de fauche et qualifiées de bio-indicatrices au paragraphe précédent.

L'objectif à long terme étant le maintien de la biodiversité, il est utile, dès maintenant, de réfléchir au meilleur moyen de pérenniser les actions entreprises.

Toute procédure, pour avoir une chance de réussir, devra avant tout reposer sur l'adhésion volontaire des exploitants et fonctionner sur un mode contractuel. La biodiversité ne doit pas être une contrainte subie par l'agriculteur. Bien comprise, elle doit l'aider à valoriser son travail et peut devenir un label de qualité.

REMERCIEMENTS

Il est évident que cette étude n'aurait pas pu être réalisée sans l'aide et les encouragements de nombreuses personnes, pour la plupart des résidents des trois communes du Val.

En premier lieu je citerais l'association des « Amis du Val d'Allier ». Ses dirigeants et adhérents manifestent depuis le début un réel intérêt pour mes travaux naturalistes. Leur sollicitation constante et leur amitié m'ont grandement encouragé.

Les techniciens de la Chambre d'Agriculture du Cher, Jean-François Morin et Paul Bernard, ont été à l'origine de mon intervention sur le terrain et m'ont apporté une aide technique indispensable. Je dois à Joël Servant, pédologue, une lecture critique du paragraphe intitulé « Géologie et pédologie ».

L'accueil amical des exploitants agricoles m'a été précieux et m'a grandement facilité l'accès aux sites et points d'observation.

Laurent Arthur, du Muséum de Bourges, et M. Boutévillain, du Conseil supérieur de la pêche m'ont aimablement transmis les données en leur possession concernant respectivement les chiroptères et la faune ichtyologique de l'Allier, deux domaines largement en dehors de mes compétences.

Enfin, de nombreuses personnes m'ont témoigné de la sympathie et apporté de l'aide dans la conduite de mes investigations. Je ne peux les citer toutes mais qu'elles soient ici chaleureusement remerciées.

BIBLILIOGRAPHIE

ARNOLD E.N.,BURTON J.A., 1978-Les reptiles et amphibiens. Elsevier. 271 p.

ARTHUR L., LEMAIRE M., 1999 - Les chauves-souris, maîtresses de la nuit. Delachault et Niestlé. 268 p.

BANG P., DAHLSTRÔM P., 1974 - Guide des traces d'animaux. Delachault et Niestlé. 240 p.

BERNARD P., MORIN J.F., 1998 - Val d'Allier: mise en place d'une opération locale M.AE. Chambre d'agriculture du Cher et Diren Centre. 72 p.

CHAMBAUD F., MAUPETIT P., OBERTI D., 1996 - Opération locale val d'Allier. Diagnostic écologique préalable à l' élaboration des contrats de gestion. Cellule d'application en Ecologie. Dijon. 76 p.

DUPONT J., SERVANT J., 1996 - Carte des sols de la région Centre. Sancoins- Vallée de Germigny, feuilles 2425 Est et 2525 Ouest. Chambre d'agriculture du Cher.

FIERS V. , GAUVRIT B., GA V AZZI E., HAFFNER P., MAURIN H., et coll., 1997 - Statut de la faune métropolitaine. Statuts de protection, degrés de menace, statuts biologiques. Réserves naturelles de France, Ministère de l'Environnement. 225 p.

JONSSON L., 1994 - Les oiseaux d'Europe. Nathan. 559 p.

ROCAMORA G., 1994 - Les zones importantes pour la conservation des oiseaux en France. Ministère de l'Environnement/ LPO. 339 p.

ROCHE J.c., GUYETANT R., - Batraciens de France. Guide sonore des batraciens de France. Sittelle.

SAINT-GIRONS M.c., 1989 - Les mammifères en France. Sang de la Terre. 250 p.

WENGER E., 1990 - A la rencontre de la Loire et de l'Allier. Fonds Mondial pour la Nature 62 p.

ANNEXES

ANNEXE 1 : Liste des espèces de mammifères sauvages dont la présence a été établie de façon certaine depuis avril 1996 sur les communes de Apremont-sur-Allier, Neuvy-le-Barrois et Mornay-sur-Allier avec indice d'abondance

cc = très commun, C = commun, AR = assez rare, R = rare, RR = très rare, ? = statut inconnu

Noms français Noms scientifiques Abondance
Hérisson Erinaceus eurovaeus C
Taupe Talpa eurovaea CC
Musaraigne couronnée Sorex coronatus C
Musaraigne aquatique (Crossope) Neornys fodiens RR
Crocidure commune Crocidura russula C
Petit rhinolophe Rhinolovhus hivvosideros ?
Grand murin Myotis rnyotis ?
Vespertilion à oreilles échancrées Myotis ernarzinatus ?
Vespertilion de Natterer Myotis nattereri ?
Sérotine commune Eptesicus serotinus ?
Pipistrelle commune Pivistrellus vivistrellus ?
Oreillard sp. Plecotus sv. ?
Barbastelle Barbastella barbastellus ?
Renard Vulpes vulves CC
Blaireau Meles meles C
Loutre Lutra lutra RR
Martre Martes martes C
Fouine Martes(oina C
Belette Mustela nivalis C
Hermine Mustela erminea RR
Putois Mustela vutorius C
Genette Genetta f!.enetta RR
Chat forestier Felis silvestris AR
Ecureuil Sciurus vuh!aris AR
Castor d'Europe Castorfiber AR
Lérot Eliomys quercinus C
Muscardin Muscardinus avellanarius ?
Campagnol roussâtre Clethrionomvs f!.lareolus R
Campagnol amphibie (Rat d'eau) Arvicola savidus AR
Campagnol des champs Microtus arvalis CC
Campagnol agreste Microtus af!.restis C
Rat musqué Ondatra zibethicus AR
Rat des moissons Micromys minutus ?
Mulot gris Apodemus silvaticus CC
Mulot à gorge jaune Apodemus flavicollis RR
Rat noir Rattus rattus ?
Surmulot Rattus norvef!.icus CC
Souris grise Mus musculus C
Ragondin Myocastor covpus CC
Lièvre Lepus capensis C
Lapin de garenne Oryctolaf!.us cuniculus C
Sanglier Sus scro(a CC
Cerf Cervus elavhus AR
Chevreuil Capreolus cavreolus CC

ANNEXE 2 : Liste des espèces d'oiseaux observées sur les communes de Apremont-sur-Allier, Neuvy-Ie-Barrois et Momaysur-Allier depuis avril 1996 avec leur statut biologique. L'habitat de reproduction est indiqué pour les espèces nicheuses.

Statut biologique:

S = espèce nicheuse (certaine ou probable) présente toute l'année, N = espèce estivante nicheuse certaine ou probable,

N ? = nidification possible,

E = espèce estivante non nicheuse sur le secteur étudié,

H = espèce présente en hiver,

M = espèce observée aux passages migratoires seulement,

0 = espèce occasionnelle,

Habitats de reproduction:

A = Massifs forestiers,

B = Plateau bocager et vallons, C = Ourlets boisés,

D = Lit majeur,

E=Litmineur,

F = Lieux anthropiques

Noms francais Noms scientifiques Statut Habitat
Grèbe huppé Podicevs cristatus S A,B
Grèbe castagneux Tachvbantus rufficollis S A,B
Grèbe à cou noir Podicevs nizricol/is E .
Grèbe esclavon Podicens auritus 0 .
Grand cormoran Phalacrocorax Garbo H .
Bihoreau gris Nvcticorax nvcticorax N E
Héron gardeboeufs Bubulcus ibis 0 .
Aigrette garzette Ezretta zarzetta N E
Grande aigrette EfTretta alba H .
Héron cendré Ardea cinerea S E
Héron pourpré Ardea nurvurea E .
Cigogne noire Ciconia ni:;;ra N?M A?
Cigogne blanche Ciconia ciconia N B,D,E
Cygne tuberculé Cv['nus Dior S B
Oie cendrée Anser anser M .
Bemache du Canada Branta canadensis 0 .
Canard colvert Anas vlatvrhinchos S A,B, D, E
Canard pilet Anas acuta M .
Canard siffleur Anas venelope M .
Canard souchet Anas clvneata H,M .
Sarcelle d'hiver Anas creera E,H,M .
Fuligule milouin Avthia {erina N,H A
Harle piette Mer['us albel/us 0 .
Macreuse noire Melanitta ni['ra 0 .
Milan noir Mi/vus mizrans N .
Milan royal Mi/vus mi/vus E, N?,M .
Busard cendré Cirrus nVfYarzus E .
Busard Saint-Martin Cirrus cvaneus N?, E .
Busard des roseaux Cirrus aeruzinosus E, N ? .
Eoervier d'Eurooe Acciviter nisus S A,B
Autour des palombes Acciniter rYentiiis S A
Bondrée aoivore Pernis avivorus N,M A,B
Buse variable Buteo buteo S A,B,D,E
Aigle botté Hieraaetus IJennatus N A
Circaëte Jean-le-blanc Circaetus :;;allicus 0 .
Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus M .
Faucon crécerelle Falco tinnunculus S B, D, F
Faucon hobereau Falco subbuteo N A,B,E
Faucon oélerin Falco verezrinus H,M .
Perdrix rouge Alectoris ru{a S B,C,D
Perdrix grise Perdix nerdix S B ?, D ?
Faisan de Colchide Phasianus eolehieus S B,C,D
Caille des.blés Coturnix eoturnix N B,D
Râle d'eau Rallus aquatieus S A
Poule d'eau Gallinula ehlorovus S A,B,D,E
Foulque macroule Fuliea afro S A,B,D
Grue cendrée Grus f!rus M,H .
Oedicnème criard Burhinus burhinus N B,E
Grand f!ravelot Charadrius hiatieula M .
Petit f!ravelot Charadrius dubius N,M E
Vanneau huppé Vanellus vanellus N,M B,D
Bécasseau variable Calidris alvina M .
Courlis cendré Numenius arquata N ?, H D?
Chevalier gambette Trinf!a totanus M .
Chevalier arlequin Trin;;;a ervthrovus M .
Chevalier aboveur Trinf!a nebularia M .
Chevalier svlvain Trinf!a f!lareola M .
Chevalier guignette Actifis hvvoleucos M .
Chevalier culblanc Trinf!a ochrovus M .
Bécasse des bois Seolovax rusticola N?,H A?, B?
Bécassine des marais Gallinaf!o f!allinaf!o M, .
Mouette rieuse Larus ridibundus E,H .
Goéland leucophée Larus cachinnans E,H .
Sterne pierregarin Sterna hirundo N .
Sterne naine Sterna albifrons N .
Guifette moustac Chlydonias hybridas E,M .
Pigeon ramier Columba valumbus S A, B,C,D,E,F
Pigeon colombin Colmba venus N A,B,D
Tourterelle turque Strevtovelia decaocto S F
Tourterelle des bois Strevtovelia turtur N A,B,C,D,E
Coucou gris Gueulas conGrus N A,B,D,E
Effraie des clochers Tvto alba S B,F
Hibou moyen-duc Asio DrUS S B,D
Chouette hulotte Strix alueo S A,B
Chouette chevêche Athene noctua S B,F
Engoulevent d'Europe Cavrimulf!us eurovaeus N A
Martinet noir Avus opus N F
Martin-pêcheur d'Europe Alcedo athis

S

A,B,D,E
Guêpier d'Europe Merovs aviaster N,M D,E
Huppe fasciée Uvuva evovs N B,D
Pic noir Drvocovus martius S A,B
Pic cendré Picus canas S ? A ?, E ?
Pic vert Picus viridis S A,B,C,D,E
Pic mar Dendrocovos medius S A
Pic épeiche Dendrocovos maior S A,B,C,D,E
Pic épeichette Dendrocovos minaI' S A,B,C,D,E
Alouette des champs AZauda arvensis S B,D
Alouette lulu Lullula arborea S B, D,
Hirondelle de rivaf!e Rivaria rivaria N E
Hirondelle rustique Hirondo rustica N F
Hirondelle de fenêtre Delichon urbica N F
Pipit farlouse Anthus vratensis H .
Pipit des arbres Anthus trivialis N A,B
Pioit rousseline Anthus camvestris 0 .
Bergeronnette grise Motacilla alba

S

A,B,D,E
Bergeronnette des ruisseaux Motacilla cinerea S B,E
Bergeronnette printanière Motacilla flava N D
Troglodyte mignon Troelodvtes troeZodvtes S A,B,C,D,E,F
Accenteur mouchet Prunella modularis S B,C,D
Rossignol philomèle Luscinia mezarhvnchos N A,B,C,D,E
Rougegorge familier Erithacus rubecula S A,B,C,D,E,F
Rougequeue à front blanc Phoenicurus nhoenicurus N A ?,B
Rougequeue noir Phoenicurus ochruros N B,D
Tarier des près Saxicola rubetra M .
Tarier pâtre Saxicola torauata N B,D
Traquet motteux Oenanthe oenanthe M .
Merle noir Turdus merula S A,B,C,D,E,F
Grive litorne Turdus vilaris H,M .
Grive mauvis Turdus iliacus H,M .
Grive musicienne Turdus vhilomelos S A,B,C,D,E
Grive draine Turdus viscivorus S A,B,C,D,E
Locustelle tachetée Locustella naevia N A
Phragmite des ioncs Acrocevhalus schoenobaenus N A
Rousserolle effarvatte Acrocenhalus scirnaceus N A
HypolaÏs polyglotte Hivvolais volvdotta N B,C,D
Fauvette des jardins Svlvia borin N A,B,C,D,E,F
Fauvette babillarde Svlvia curruca N B,D
Fauvette grisette Svlvia communis N A, B, C, D,
Fauvette à tète noire Svlvia atricanilla N A,B,C,D,E,F
Pouillot de Bonelli Phvlloscovus bonelli N A,B
Pouillot siffleur Phvllosconus sibilatrix N A,B
Pouillot fitis Phvlloscovus trochilus N A,B,C,D
Pouillot véloce Phvlloscovus collvbita N A,B,C,D,E,F
Roitelet huppé Rezulus rezulus S A,B,D,E
Roitelet triple-bandeau Rer!ulus ir!nicavillus S A,B,D,E
Gobemouche noir Ficedula hvnoleuea M .
Gobemouche gris Ficedula striata N B,D
Mésange nonnette Parus valus tris S A,B,C,D,E
Mésange boréale Parus montana S B,D,E
Mésange bleue Parus caeruleus S A,B,C,D,E,F
Mésange charbonnière Parus major S A,B,C,D,E,F
Mésange à longue queue Aer!ithalos eaudatus S A,B,C,D,E,F
Sittelle torchepot Silla euronaea S A,B,E
Grimpereau des jardins Certhia brachvdactvla S A,B,C,D,E
Pie-grièche écorcheur Lanius collurio N B,D
Pie-grièche grise Lanius exeubitor N? D?
Pie-grièche à tète rousse Lanius senator N B,D
Etourneau sansonnet Sturnus vu!f!aris S A,B,C,D,E,F
Loriot d'Europe Oriolus oriolus N A,B,E
Geai des chênes Garrulus r!landarius S A,B,E
Pie bavarde Piea viCQ S A,B,C,D,E,F
Choucas des tours Corvus monedula S F
Corneille noire Corvus corone S A,B,D,E
Corbeau ITeux Corvus frizelezus E,H .
Moineau friquet Passer montanus S B,E
Moineau domestique Passer domestieus S E
Pinson des arbres Frinr!illa eoelebs S A,B,C,D,E
Pinson dn nord Frinailla montifrÙ",illa H .
Gros bec casse-noyaux Coccothraustes coccothraustes S A,B
Senn cini Serin us serin us N B,D
Tarin des aulnes Carduelis svinus H .
Verdier d'Europe Carduelis chloris S B,C,D
Chardonneret élégant Carduelis carduelis S B,C,D,F
Bouvreuil pivoine Pvrrhula Dvrrhula S A,B,C,D
Linotte mélodieuse Carduelis eannabina S A,B,C,D
Blllant prover Milaria ealandra S B,D
Blllant jaune Emberiza citrinella S B,C,D
Bruant zizi Emberiza cirlus S B,C,D
Blllant des roseaux Emberiza schoenielus S,M A,B

ANNEXE 3 : Liste des espèces de reptiles observées sur les communes de Apremont-sur-Allier, Neuvy-Ie-Barrois et Momaysur-Allier depuis avril 1996.

Noms français Noms scientifiques
Lézard vert Lacerta viridis
Lézard des murailles Podarcis muralis
Orvet :!Tagile Anf!;uis fraf!;ilis
Couleuvre d'Esculape Elavhe lonzissima
Couleuvre à collier Natrix natrix
Couleuvre vipérine Natrix maura
Vipère aspic Vivera asvis

ANNEXE 4 : Liste des espèces de batraciens observées sur les communes de Apremont-sur-Allier, Neuvy-le-Barrois et Mornay-sur-Allier depuis avril 1996 avec indication de l'habitat de reproduction.

Noms français Noms scientifiues Habitat de reproduction
Salamandre tachetée Salamandra salamandra A, B (mares, fossés, ornières)
Triton crêté Triturus cris ta tus A?, B (étangs, mares)
Triton palmé Triturus helveticus A, B, (étangs, mares, ornières), D(gours)
Crapaud accoucheur Alvtes obstetricans F (mares)
Crapaud commun Buro buro A, B, C, D, E, F (étangs, mares, gours)
Crapaud calamite Buro calamita B, D (mares, gours)
Rainette verte Hvla arborea B, D (mares, gours)
Grenouille rousse Rana temvoraria A, B, D (ruisseaux, étangs, mares)
Grenouille agile Rana dalmatina A, B, D (étangs,mares, gours)
Grenouille de Lesson/ Gr. verte Rana lessonnae/ Rana esculenta A, B, D, E (étangs, mares, gours, ruisseaux, bras de rivière)

ANNEXE 5 : Liste des espèces de poissons présentes dans la rivière Allier et les affluents, communiquée par le Cc Supérieur de la Pêche

Noms français Noms scientifiques Allier Affluents
Brochet Esox lucius X X
Perche Perca iluviatilis X X
Sandre Sander luCÎoverca X .
Silure Silurus fdanis X .
Carassin Carassius carassius X .
Perche soleil Levomis zibbosus X X
Poisson chat Ictalurus nebulosus X X
Vandoise Leuciscus leuciscus X X
Bouvière Rhodeus sericeus X X
Spirlin Albumoides binunctatus X X
Barbeau Barbus barbus X X
Goujon Gobio zobio X X
Hotu Chondrostoma nasus X .
Ablette Albumus albumus X X
Chevesne Leuciscus cevhalus X X
Brème Abramis brama X .
Tanche Tinca !inca X X
Carpe Cvvrinus carpio X .
Gardon Rutilus rutilus X X
Rotengle Scardinius ervthrovhtalmus X .
Grande Alose Alosa Glosa X .
Truite de mer Salmo truffa trutta X .
Saumon atlantique Salmo salar X .
Anguille Anf!uilla anf!uilla X X
Lamproie marine Petromvzon marinus X .
Lamproie de Planer LamDetra vlaneri . X
Loche franche Nemacheilus barbatulus . X
Vairon Phoxinus vhoxinus . X

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